Limites et Contre-indications à la pratique du jeûne

Les Limites du jeûne

Contre-indications et limites à la pratique du jeûne

 

Le jeûne est un outil puissant, et comme tout outil, il demande à être maîtrisé. Nous allons aborder les limites et les contre-indications de son utilisation afin d’éviter toute contre productivité et mise en danger. Capacité adaptative de l’individu, vitalité, capacité émonctorielle, respect des phases cataboliques et anaboliques sont autant de critères à prendre en compte pour que l’expérience du jeûne soit bénéfique. Et si dans l’absolu, la majorité des gens peut jeûner, la façon de le faire, la durée et l’intensité vont devoir être ajustées individuellement.

 

Mauvaise préparation

La descente alimentaire est importante, surtout si le jeûne envisagé est long et si les habitudes alimentaires de la personne sont mauvaises depuis longtemps.

 

Premièrement, pour un individu qui n’a jamais jeûné, la privation soudaine peut provoquer un vrai choc, car l’organisme n’a pas appris à stocker de grandes quantités de glycogène ou parce que le stock de graisse brune est limité (plus le corps possède de graisses blanches, plus la personne va se sentir léthargique pendant le jeûne).

 

Deuxièmement, plus le jeûne est long, puis il mobilisera le système nerveux et hormonal. Il est conseillé, dans les meilleurs des cas, de respecter une durée de descente alimentaire proportionnelle à la durée du jeûne, soit généralement 2 fois la durée du jeûne environ. Par exemple : 2 semaines de descente alimentaire pour 1 semaine de jeûne. Cependant, une descente alimentaire de 3 à 7 jours peuvent être largement suffisants pour les initiés.Jeûne et malbouffe

 

Troisièmement, plus le corps est intoxiqué par des années d’alimentation inadéquate, plus il faut être extrêmement vigilant avec la remise en circulation des toxines provoquées par le jeûne car elle peut entraîner une auto-intoxication. C’est pourquoi, pour les personnes ayant un long passif de mauvaise alimentation, il est nécessaire de passer d’abord à une alimentation saine sur plusieurs semaines à plusieurs mois avant de se lancer dans un jeûne.

 

Non-respect de l’alternance catabolisme/anabolisme

Trop souvent, nous focalisons notre attention sur la privation de nourriture uniquement, ce qui nous pousse parfois à chercher des records de durée en pensant que le plus que plus le jeûne est long mieux c’est. Cette erreur a entraîné beaucoup de personnes à aller trop loin et à se faire malheureusement du mal … Il ne faut jamais oublier que le corps a besoin d’un équilibre entre la phase d’un anabolisme associé généralement au repos et la phase de catabolisme associé généralement à l’action.

 

Certains associent le jeûne à la phase anabolique parce que les fonctions digestives cessent, et associent le retour à l’alimentation à la phase catabolique parce que les fonctions digestives reprennent. Pourtant, c’est l’inverse : il est plus juste de considérer le jeûne comme la phase catabolique parce que le corps détruit ce qui doit être évacué et consomme se propres ressources (c’est un moment d’intense activité à l’intérieur du corps), et le retour de l’alimentation comme la phase anabolique parce que le corps reconstruit ses stocks. En effet, dans le vivant, le repos n’existe jamais, c’est pourquoi il est plus adéquat de parler en termes d’anabolisme et de catabolisme que de repos et d’action.

 

« On perçoit les résultats concrets du jeûne sur l’organisme au moment de la réalimentation »

 

Premièrement, si la phase de jeûne dure trop longtemps par rapport à ce que peut tolérer l’organisme, cela conduit inexorablement à l’épuisement des réserves vitales et des dommages peuvent être importants. Le jeûne ne doit pas vous faire basculer dans l’état de famille et d’épuisement nerveux. La phase de retour à l’alimentation est tout aussi importante que la phase de privation, on peut l’appeler aussi phase d’intégration car c’est la phase où le corps intègre l’expérience et démarre la reconstruction. C’est pourquoi on perçoit les résultats concrets du jeûne sur l’organisme au moment de la réalimentation, bien après la phase de privation.

 

Métabolisme et jeûne

Ainsi, beaucoup de personnes se méprennent en prolongeant le jeûne jusqu’à ce qu’elles voient les résultats espérés, malgré les signes contraires du corps.

 

Deuxièmement, si vous envisagez de faire plusieurs cycles de jeûne, il faut aussi laisser au corps des phases de reconstruction suffisantes en durée et en qualité après le jeûne. En règle générale et en sachant que tout ceci demande à être individualisé, nous parlerons d’une phase de réalimentation 2 à 3 fois plus longue au minimum que la durée du jeûne. C’est un idéal. Une remontée alimentaire de 3 à 7 jours pour une semaine de jeûne peuvent s’avérer suffisante. Néanmoins, veuillez bien noter que le non-respect acceptable de ce temps d’anabolisme conduit non seulement à l’épuisement globale de l’individu mais aussi à la perte des bénéfices escomptés du jeûne, sans parler de tous les maux qui peuvent y être associés.

 

Non prise en compte de la capacité émonctorielle

Le jeûne déclenche un processus de détoxification du corps qui se traduit par la libération, dans le sang et dans la lymphe, de déchets toxiques et stockés dans les tissus. Cette remise en circulation est préalable au processus d’élimination qui consiste à évacuer ces déchets vers le milieu extérieur grâce aux différents émonctoires principaux (reins, intestin, poumons et peau) et secondaire (menstruation pour les femmes, divers écoulements). Plus l’organisme est intoxiqué, plus la quantité de déchets remis en circulation sera importante et les symptômes également. Comme nous l’avons évoqué plus haut, dans ce cas, il sera nécessaire de passer d’abord à une alimentation hypotoxique avant d’envisager un jeûne.Émonctoires et jeûne

 

Un autre cas se présente lorsque la vitalité est faible et ou les émonctoires sous actifs. Dans ce cas, la vitesse de détoxification dépasse la vitesse d’élimination, ce qui peut entraîner des symptômes importants, potentiellement insupportables, voire même une auto-intoxication qui pourrait demander à interrompre le jeu. Pour les personnes ayant des faiblesses émonctorielles, on propose plutôt le jeûne sec (jeûnes très courts) qui permet non seulement le repos des reins mais aussi la combustion des déchets de l’Intérieur grâce à la chaleur. Dans tous les cas, préparer ses émonctoires préalablement à un jeune et toujours bienvenu.

 

Pour une préparation immédiatement avant le jeûne vous pouvez faire une purge la veille avec par exemple 20 g de sulfate ou de chlorure de magnésium dans un grand verre d’eau tiède. Veillez à boire au moins 1 l d’eau après. La pratique du lavement intestinal mais également l’hydrothérapie du côlon sont d’autres moyens pour préparer ses intestins à la pratique du jeûne. Vous pouvez aussi préparer votre corps bien en amont grâce à la prise de différentes préparations de plantes médicinales spécifiques.

 

Alimentation inadéquate en parallèle

Incontestablement, le jeûne nous apporte énormément de bénéfices mais il ne compensera jamais totalement un mode de vie déséquilibré. Jeûner en ayant une hygiène alimentaire déplorable peut entraîner de très mauvaises expériences. Afin de pérenniser les avantages obtenus et même d’optimiser les effets du jeûne, il est fondamental d’adopter une alimentation et un mode de vie sain en parallèle. Le jeûne ne devrait pas être un outil de secours, une excuse ou un moyen d’atténuer les conséquences de nos excès quotidiens.

 

Nous souhaitons également attirer votre attention sur une démarche inversé, considérée comme orthorexique. Certaines personnes passent par une obsession de nettoyage lorsqu’elles découvrent la santé alternative ou redécouvre la santé traditionnelle. Elles vont donc coupler du jeûne, des purges, des jus et une alimentation strictement végétale par exemple. Si la personne est intoxiquée, ces associations vont permettre une accélération du nettoyage et un changement des paramètres du terrain, ce qui peut apporter une transformation rapidement positive ainsi qu’un regain d’énergie. Mais si la personne persiste très longtemps dans cette voie, cette recherche d’une certaine pureté peut amener la personne à aller trop loin dans la phase de destruction (catabolisme).

Orthorexie et jeûne

En effet, même si l’alimentation est jugée saine parce que végétale et non transformée, il n’y aura pas de reconstruction suffisante par la suite, si elle est trop riche en glucides et trop pauvre en protéines et lipides. Cela peut entraîner une dégradation de la santé. En effet, les glucides amènent surtout l’énergie, alors que les protéines et lipides apportent les matériaux de construction (anabolisme) qui sont nécessaires après la phase de destruction. L’alimentation, bien que saine, doit être suffisamment nourrissante après le jeûne.

Contre-indications jeûneContre-indications générales à la pratique du jeûne

Le jeûne est habituellement déconseillé aux personnes suivantes :

 

Les femmes enceintes et allaitantes car il peut entraîner un ralentissement de la croissance fœtale ,1 risque de fausse couche ou de naissance prématurée, une production lactée affectée. Pour les femmes détentes ,1 jeune cours de de type intermittent ne semble pas poser de vrais problèmes

 

Les enfants et les adolescents car il peut entraîner un ralentissement de la croissance et du développement pubertaire

 

Les personnes âgées car elles ont tendance à avoir une moindre vitalité virgule à perdre du poids trop rapidement et à être sujette aux carences. Là encore, cela demande une adaptation, nous mettons donc en garde contre une pratique trop radicale et non individualisée pour ces catégories de personnes mais en parallèle les effets bénéfiques du jeûne sur les capacités cognitives ne peuvent être ignorées.

 

Les personnes dénutries, dévitalisées, déminéralisées et émaciées car l’effet catabolique de la privation d’alimentation risque d’être trop important et d’occasionner des troubles organiques. Le peu de réserves minérales ne pourront pas neutraliser un minimum la remise en circulation de toxines.

 

Les personnes en cachexie et en anorexie mentale car les réserves du corps sont trop faibles et l’obsession de la maigreur conduit à des comportements dangereux pour la personne.

 

Les personnes ayant des problèmes rénaux et hépatiques importants car on estime qu’ils n’ont pas des émonctoires suffisamment fonctionnels pour supporter des nettoyages profonds, bien qu’on pourrait imaginer que des petits jeûnes (secs compris) pourraient au contraire les sortir de ce cercle vicieux.

 

Les personnes sujettes à l’hyperthyroïdie décompensée car ces personnes ont tendance à perdre facilement du poids et le jeûne peut aggraver la situation. On se tournera alors vers des courtes diètes qui miment le jeûne.

 

Les personnes sous traitements médicamenteux car certains médicaments peuvent mal interagir avec le jeûne et leurs principes actifs des médicaments augmentés pendant celui-ci. Il est nécessaire de consulter son médecin.

 

Les personnes sujettes aux troubles du comportement alimentaire car cela risque d’aggraver cette tendance, bien que quelques personnes témoignent du contraire, sans être toutefois généralisables.

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Source : Régénère