Les Bienfaits du Jeûne

BIENFAITS du JEÛNE

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Les Bienfaits du Jeûne

Lorsque l’on parle des bienfaits du jeûne, il est déploré qu’un nombre trop faible d’études scientifiques, conformes aux canons du méthodologiquement correct; peuvent tirer des conclusions sur les vertus thérapeutiques du jeûne complet1 sur l’être humain. C’est pour quoi cet article est basé sur la synthèse des observations réalisés par de grands spécialistes du jeûne ; en passant par le courant hygiéniste de l’époque aux nouvelles écoles émergentes. Cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif, il aborde les grands bienfaits généraux. Attention, ces bienfaits ne sont valables que si le jeûne est bien pratiqué, adapté, préparé et quitté dans de bonnes conditions.

Détoxination et ÉliminationJeûne et détoxination

Hormis les processus vitaux autonomes sur lesquels nous n’avons pas prise, l’organisme dédie en priorité son énergie vitale disponible à la fonction digestive et à la fonction cognitive, et dans un second temps à la fonction motrice. L’énergie restante disponible est utilisée par le corps pour les processus de nettoyage et de régénération. Malheureusement, le mode de vie occidental nous incite à nous suralimenter avec des digestions interminables tout au long de la journée. Aussi, tout comme il nous conduit à trop penser, à ruminer, à ressasser.

Le jeûne permet au corps de trouver du repos. Le repos d’un des grands secteurs de dépense énergétique qui est la digestion, ainsi que le repos mental si le jeûneur veut réunir toutes les meilleures conditions. Les processus de détoxination (remise en circulation des déchets) et d’élimination (passage des déchets du milieu intérieur au milieu extérieur) montent alors en puissance. Un organisme qui se déleste de sa surcharge toxinique est un organisme qui va tendre vers un terrain propice au rétablissement de ses paramètres de santé.

« Les apports cliniques du jeûne sont remarquables. Il fait décroître la violence des troubles d’intoxication, rend plus libres les fonctions de la respiration et de la circulation. Le malade décongestionné se sent plus léger, respire et marche avec plus de facilité. Les forces, au lieu d’être accaparées par le travail digestif, restent entières pour l’accomplissement des neutralisations toxiques. »Dr Paul Carton

Renforcement de l’organisme

Yolhen Cippola

En imposant à l’organisme une contrainte par la privation de nourriture, le corps met en place des mécanismes d’adaptation; ceux mêmes qui ont permis à l’humain, comme au vivant, de survivre et de s’adapter à son environnement. Le jeûne est donc un mécanisme d’adaptation modelé par l’histoire de l’évolution des êtres vivants. Si l’on revient au principe de l’hormèse, tout organisme vivant qui s’expose à une certaine contrainte ponctuelle dans la limite de ce qu’il peut supporter va aller chercher en lui les ressources pour survivre, ce qui va l’amener à se renforcer. L’organisme va donc développer une meilleure résistance face au stress, ce qui constitue un critère de santé.

 

Dr Alexandre Kokosov

Le Dr Alexandre Kokosov, successeur du Dr Youri Nicolaev qui a supervisé 7000 cures de jeûne en Russie, parle de sanogénèse (à l’opposé de la pathogénèse). Il explique que ce processus induirai un stress positif de l’organisme face au jeûne, différent du stress  négatif que peut engendrer une famine. Ce stress engendrerai des mécanismes d’adaptation de l’organisme qui se traduisent par un important bouleversement hormonal et neuroendocrinien. On observe également que le jeûne amène le même résultat de transformation des graisses que l’exposition au froid : les graisses blanches, qui sont des graisses de stockage, brunissent par le phénomènes de beiging pour devenir des graisses beiges2. Ces graisses ont les mêmes capacités de production d’énergie que ls graisses brunes munies de mitochondries. Hors, un corps davantage pourvu a plus de capacité a produire de l’énergie et de la chaleur.

« Le jeûne peut corriger le processus pathologique et améliorer le résultat fonctionnel dans les modèles animaux pour des troubles qui incluent l’infarctus du myocarde, le diabète, la crise cardiaque, la maladie d’Alzheimer ainsi qua la maladie de Parkinson. L’un des mécanismes généraux d’actions du jeûne est, par le stress modéré qu’il induit, de déclencher des réponses cellulaires adaptives. Elles induisent donc une meilleur capacité pour faire face à un stress plus important et pour contrer les processus  pathologiques. De plus, en protégeant des cellules de l’altération de l’ADN, en supprimant la croissance cellulaire et en favorisant la mort des cellules endommagées, le jeûne pourrait retarder et/ou empêcher la formation et la croissance de cancer. »3Valter Longo et Mark P. Mattson

Renouvellement du système immunitaire

 

Les Bienfaits du Jeûne

La déficience du système immunitaire demeure une des causes premières du vieillissement et de nombreuses maladies. Dans une étude de 20144, Valter Longo et ses collègues ont découvert que le jeûne provoque un changement majeur dans le système de création des cellules sanguines. En effet, les cellules-souches hématopoïétiques se mettent à se multiplier pour régénérer le système immunitaire.

 

Les globules blancs

Pendant le jeûne, on observe alors une diminution du nombre des globules blancs, composantes clé du système immunitaire, mais les cellules qui disparaissent sont en priorité les cellules endommagées, ce qui invite le système immunitaire à produire de nouveaux globules blancs. En effet, une fois que l’individu se réalimente à nouveau, le taux de globules blancs revient à la normale. De plus, on observe que de multiples cycles de jeûne ont réduit l’immunosuppression et la mortalité causée par la chimiothérapie5. Un des autres bienfaits du jeûne ; Selon Valter Longo, un seul cycle de 4 à 5 jours de jeûne tous les 6 mois devrait suffire à une personne en bonne santé pour régénérer son système immunitaire.

« Cela (le jeûne) donne le feu vert à la moelle osseuse pour reconstruire l’ensemble du système immunitaire abîmées ou âgées et inefficaces, pendant le jeûne. Et si vous partez d’un système fortement endommagé par une chimiothérapie ou le vieillissement, les cycles de jeûne peuvent permettre de créer, littéralement, un nouveau système immunitaire. » Valter Longo, gérontologue et Professeur de biologie

Retour à l’équilibre intestinalLes Bienfaits du Jeûne

Un autre des bienfaits du jeûne, en laissant le tractus intestinal au repos; est de permettre le retour à l’équilibre du microbiote intestinal qui est essentiel à notre santé. Une étude a montré que le jeûne intermittent 16/8 pratiquait pendant 25 jours amène une modification positive du microbiote intestinal; avec une augmentation de l’abondance des variétés bactériennes6.

Toutes les conclusions des recherches récentes associent l’augmentation de la diversité et de la richesse du microbiote intestinal avec des améliorations des niveaux de santé et une augmentation de la résistance immunitaire. Nous découvrons d’ailleurs de plus en plus que le ventre serait notre deuxième  cerveau puisqu’on  y trouve de 100 à 200 millions de cellules nerveuses. L’intestin est en interaction constante avec les cellules du cerveau grâce au nerf vague. Ainsi l’action positive du jeûne sur le psychisme pourrait s’expliquer par son action sur le microbiote.

« Les médicaments sont sensés éliminer certains symptômes, les dépressions, les délires, etc. ; tandis que le jeûne mobilise toute la personnalité du malade, non seulement sa maladie, mais toute ma structure de sa personnalité. Toute la personnalité change. Le jeûne agit au niveau de l’organisme entier, il a un impact sur le corps, sur tous les organes, et sur la personnalité en général. L’impact du jeûne est donc plus complet, plus intégral. Après le jeûne, on remarque souvent une bonne humeur et, dans cet état, les patients reviennent dans leur vie, à leur travail, à leur famille, à leur études. » Valéry Gurvitch, Psychiatre élève de Youri Nikaolev

Renouvellement et régénération (auto-guérison)

Le nombre croissant de témoignages de guérison suite au jeûne nous prouve que l’un des bienfaits du jeûne permet d’activer la régénération de l’organisme. Vis medicatrix naturea qui signifie le pouvoir de guérison de la nature, et d’ailleurs l’un des principes de la médecine d’Hippocrate. Les grands spécialistes du jeûne affirment, par l’observation et l’expérience, que le jeûne est un remède exceptionnel pour tous les types de maladies ; diabète, hypertension, maladies cardio-vasculaires, maladies auto-immunes, Alzheimer, cancer et même maladies psychiatriques.

 

Comment l’expliquer ?Jeûne & Auto-guérison

Sans apport extérieur, le corps irait chercher dans ces propres ressources pour se guérir. Il y a déjà 100 ans, l’académicien Viktor Pasutin a observé que l’organisme utilise ses stocks de tissus durant le jeûne. Il remarque ainsi que les tissus altérés sont consommés alors que les tissus sains sont préservés et même renouvelés. Les anciens du courant de l’hygiénisme appelé ce phénomène autolyse. Ainsi, la consommation des réserves internes des différents organes et tissus ne serait pas homogènes ; plus un organe ou un tissu est important pour les fonctions vitales, moins il perd de poids et inversement.

Plus récemment, avec les travaux de Mark Mattson en 2012, on observe que le jeûne entraine une diminution radicale des facteurs de croissance dans le sang (les fameux IGF-1 qui nourrissent les cellules cancéreuses). Dans le même temps; envoie un signal de mise en action aux cellules souches sanguines ce qui participe au processus de régénération7.

 

Pr L. V. Polezhaev :

« Le jeûne est un processus de régénération physiologique accrue, de renouvellement de toutes les cellules, de leurs molécules et de leurs produits chimiques. Il est intéressant de noter que les changements biochimiques qui ont lieu au cours d’une famine et au cours d’un processus de réparation sont très similaires. Dans les 2 cas il y a 2 phases : la destruction et la réparation. Dans les 2 cas (famine et processus de réparation), la phase de destruction est caractérisée par la prédominance de la dégradation des protéines et des acides nucléiques, et par l’acidification du ph sanguin.

Encore dans les 2 cas, la phase de réparation est aussi caractérisée par la prédominance de la synthèse des acides nucléiques . Mais aussi par un retour du PH à la normale. On sait d’après la doctrine de la régénération qu’une augmentation de la phase de destruction entraîne ensuite une augmentation de la phase de réparation. Par conséquent, avec raison suffisante, la famine thérapeutique peut être considérée comme facteur naturel de stimulation de la régénération physiologique. La base du jeûne thérapeutique est un processus biologique général conduisons au renouvellement et au rajeunissement des tissus de l’organisme entier. » 

Anti-vieillissement et longévité

 

Jeûne et anti-vieillissement

C’est en 1934 que l’on découvre le premier lien entre longévité et restriction calorique. Deux chercheurs de l’université Cornell observe que des rats de laboratoire nourris 30% de moins que le congénères ont une espérance de vie plus longue8. Cette observation est confirmée chez l’humain grâce aux travaux récents de Valter Longo sur la longévité. Ce gérontologue applique un régime qui mime les effets du jeûne (Fasting Mimicking Diet) 5 jours par mois pendant un trimestre sur 19 volontaires9. Les résultats sont très positifs ; une diminution des facteurs de risque et des biomarqueurs du vieillissement, du diabète, des maladies cardio-vasculaires ainsi que du cancer font partie des bienfaits du jeûne lorsqu’il est bien préparé et pratiqué.

« Nous avons montré que le jeûne périodique est capable de favoriser la régénération des systèmes immunitaire et nerveux, et du pancréas. Il détruit nombre de composants cellulaires et de cellules endommagés tout en activant les cellules souches. Quand les souris recommencent à se nourrir, ces cellules-souches deviennent partie prenante d’un programme de régénération des organes et des systèmes; et les cellules immunitaires nouvellement générées ont les caractéristiques de cellules plus jeûnes et plus fonctionnelles, indiquant que les vieilles cellules endommagées et dysfonctionnelles ont été remplacées par des cellules nouvelles. Qui plus est, un processus nommé autophagie a une part active dans l’élimination et le recyclage d’éléments intracellulaires pathogènes et dans la reconstruction de composants cellulaires, contribuant lui aussi à le régénération.  » Valter Longo, Le régime de longévité (éditions Actes Sud).